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Quand la phobie incite au racisme communautaire !

L’islamophobie de Filip Dewinter

Conférence de presse du 23 novembre 2005
25 novembre 2005
 

Filip Dewinter, Député flamand Vlaams Belang et Chef de file anversois de ce parti d’extrême droite flamand, a tenu, à l’occasion d’une interview donnée à l’hebdomadaire américain « Jewish Week » le 28 octobre dernier, des propos qui constituent une véritable incitation à la haine raciste entre juifs et musulmans. Pour le MRAX et KIF KIF (une association interculturelle flamande) ces propos doivent être sanctionnés.

Le MRAX et KIF KIF ont donc décidé de conjointement porter plainte en justice contre Filip Dewinter ; d’interpeller le Parlement fédéral pour faire supprimer, pour la 1ère fois, les dotations publiques accordées au Vlaams Belang ; d’appeler le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme à plus de vigilance ; de solliciter l’intervention de Monsieur André AZOULAY, membre du Comité des Sages de l’ONU ; et d’exposer quelques réflexions citoyennes en la matière, avec la participation de Monsieur Abdellah BOUCOUF, Directeur de l’Observatoire de l’Islam en Europe, et Monsieur Philippe MARKIEWICZ, Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (C.C.O.J.B.). Le MRAX a tenu une conférence de presse ce mercredi 23 novembre 2005 pour expliquer ces différentes actions.

« Notons au passage que la sémantique elle-même n’est pas neutre » (Jean-Marie le PEN, Les Français d’abord, Carrère/Laffont, 1984.)

I. RAPPEL DES FAITS

Filip Dewinter, Député flamand et Chef de file anversois du parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang, a tenu, à l’occasion d’une interview donnée au journal « Jewish Week » le 28 octobre dernier, des propos qui ont heurté les démocrates en général, et nombre de concitoyens juifs ou de confession musulmane en particulier :

« In our view, Judaïsm and Islam are absolute not two of the same kind. On the contrary, they are foes. One has to choose sides. Which side are you on in the “war on terror” ? The side of western democracy and western civilization, with its Judeo-Christian roots, or the side of radical Islam ? The side of Great-Britain, America and Israel, or the side of Iran, Sudan and the Taliban ? (...) “Xenophobia” is not the word a would use. If it absolutely must be a “phobia” let it be “Islamophobia”. Yes, we’re afraid of Islam. The Islamisation of Europe is a frightening thing. Even distinguished Jewish scholars as Bat Ye’or and Bernard Lewis warned for this. If this historical process continues, the Jews will be the first victims. Europe will became as dangerous for them as Egypt or Algeria. So, I return your question. Should Jews vote for a party that wants to stop the spread of Islam in Europe ? (...) In our party magazine, we repeatedly denounced arsons against synagogues and violence and racist insults against Jewish people, even when most of the mainstream press kept silent about this, because the perpetrators were Muslim youths. (...) There were many attacks against Jews in Antwerp : a car bomb, a grenade attack on a school bus with Jewish children, some murders and attempted murders, and many, many cases of harassing, insult and intimidation. But the perpetrators were invariably Muslim youths or foreign Muslim terrorists. (...) I will defend both of them : the Jews in the Diaspora in Europe, and the Jews in Israel. Both are under siege. Both have the same enemy : militant Islam, with it’s anti-Semitic core ». (L’interview dans son intégralité peut être lu via le lien suivant : http://www.filipdewinter.be/page.ph...).

L’opinion publique ne semble pas avoir pris la mesure de la gravité de tels propos islamophobes qui tendent, à des fins électoralistes pour le Vlaams Belang, à monter les communautés les unes contre les autres, en l’occurrence ici, la communautés juive contre la communauté musulmane. Même le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a considéré que ces propos ne soulèvent aucun grief sur le plan juridique (cf. le Journal Télévisé soir de la RTBF du 2 novembre 2005).

Le Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX), principale et plus ancienne organisation antiraciste belge, et KIF KIF, association interculturelle flamande, se lèvent ensemble pour contester cet état de fait.

II. CONTRE L’INCITATION A LA HAINE RACISTE ! : LE MRAX ET KIF KIF AGISSENT EN JUSTICE

Les propos tenus par Filip Dewinter relèvent-ils de la simple libre expression d’une opinion ? Sont-ils à l’abri de toute poursuite judiciaire ? Pour le MRAX et KIF KIF, la réponse à cette double interrogation est négative. Fermement attachés à la liberté d’expression et à la jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’Homme, selon laquelle une société démocratique se doit de laisser s’exprimer des idées qui « heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction quelconque de la population », le MRAX et KIF KIF considèrent néanmoins qu’une ligne rouge a été franchie par ce leader d’extrême droite et, de ce fait, décident de poursuivre pénalement l’auteur, pour incitation à la haine raciste.

Si la critique d’une religion ou l’extériorisation de ses peurs ne sont pas en soi punissables, il n’en va pas de même de l’incitation à la haine. Ainsi, la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie (dite « loi Moureaux ») punit d’une peine d’emprisonnement (d’un mois à un an) et d’une amende (de cinquante francs à mille francs) ou de l’une de ces peines seulement, « quiconque (...) incite à la discrimination, à la ségrégation, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe, d’une communauté ou de leurs membres, en raison d’une prétendue race, de la couleur, de l’ascendance ou de l’origine nationale ou ethnique de ceux-ci ou de certains d’entre eux » (article 1er, alinéa 3, 2°). La loi du 25 février 2003 tendant à lutter contre la discrimination étend le champ d’application de cette disposition à la discrimination fondée sur « la conviction religieuse ou philosophique » (article 2). Dans une importante décision rendue le 19 mai 1993, la Cour de cassation a d’ailleurs précisé les contours de la notion, en rappelant que l’incitation à la haine n’exigeait pas une volonté manifeste d’amener un public à commettre des actes précis de racisme ou de xénophobie, mais s’analysait plutôt en un sentiment.

L’interview de Filip Dewinter ne constitue pas uniquement une tentative malheureuse de séduire l’électorat juif d’Anvers. Elle relève également de l’incitation à la haine. Comment interpréter autrement l’opposition entre les communautés juive et musulmane, l’appel à choisir son camp, l’imputation systématique des actes antisémites aux musulmans et l’avertissement lancé aux Juifs en cas d’« islamisation de l’Europe » ? En affirmant que les Juifs seront les premières victimes de cette « effrayante islamisation de l’Europe », le mandataire d’extrême droite cherche indéniablement à faire naître au sein de la communauté juive des sentiments de peur et de haine à l’encontre de la communauté musulmane.

Les déclarations de Filip Dewinter répètent en cela les propos tenus par son collègue Jean-Marie Le Pen, Président du parti d’extrême droite français, dans les colonnes du journal « Le Monde » en 2003 : « (l)e jour où nous aurons en France, non plus cinq millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux ». Le MRAX et KIF KIF tiennent à rappeler que ces déclarations ont valu à Le Pen une condamnation pour incitation à la haine raciste . Dans son jugement, le tribunal souligne qu’il « n’est pas douteux qu’en opposants les ’musulmans’ aux ’Français’ pour souligner les risques que les premiers font courir à la sécurité des citoyens, M. Le Pen exhorte au rejet, voire à la haine de la population qui se réclame de la religion Islamique ».

Face à des propos incitant à la discrimination raciste, le MRAX et KIF KIF choisissent d’agir en toute responsabilité en saisissant la justice pénale. Ensemble, ils déposent ainsi une plainte entre les mains du Procureur du Roi d’Anvers, lui demandant d’ouvrir des poursuites à l’égard de Filip Dewinter du chef de ces faits et de prendre en considération une demande de levée de son immunité parlementaire à cet effet (cf., en annexe 1, copie de la plainte).

III. CONTRE LE FINANCEMENT DE LA HAINE RACISTE ! LE MRAX ET KIF KIF DEMANDENT LA SUPPRESSION DES DOTATIONS PUBLIQUES AU VLAAMS BELANG

Les propos tenus par Filip Dewinter dans l’interview peuvent donner lieu à une application inédite de la législation privant de financement public les partis dits liberticides. Si cette voie était retenue, il s’agirait d’une première en droit belge.

Pour rappel, la loi du 4 juillet 1989 a instauré un système de financement public des partis politiques. En 1999, un article 15ter réglementant la suppression de la dotation des partis non respectueux des droits de l’Homme a été inséré dans la loi. Demeurée inapplicable durant plus de six ans, cette disposition est aujourd’hui complétée par un arsenal normatif assurant sa mise en œuvre .

L’article 15ter de la loi relative au financement des partis politiques autorise la suppression temporaire - de 3 mois à un an - de la dotation d’une formation politique qui, « par son propre fait ou par celui de ses composantes, de ses listes, de ses candidats, ou de ses mandataires élus, montre de manière manifeste et à travers plusieurs indices concordants son hostilité envers les droits et libertés garantis par la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». La sanction ne peut être infligée que par le Conseil d’Etat, saisi par au moins un tiers des membres de la commission parlementaire chargée du contrôle des dotations. Appliquons ces principes au cas qui nous occupe. Les déclarations de Filip Dewinter, élu du parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang au Parlement flamand (Vlaams raad), répondent sans grande hésitation au critère d’hostilité aux droits de l’homme et libertés fondamentales. D’une part, comme l’a rappelé la Cour d’arbitrage dans son analyse du dispositif mis en place par ledit article 15ter, la condamnation du racisme et de la xénophobie constitue incontestablement un principe essentiel au caractère démocratique d’un régime politique. L’incitation à la haine raciale entre donc assurément dans le champ d’application de la loi. D’autre part, on peut souligner que la représentation haineuse d’une religion s’analyse en une manifestation d’hostilité envers la liberté de pensée, de conscience et de religion garantie par l’article 9 de la Convention européenne du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Si le nombre suffisant de députés membres de la commission parlementaire chargée du contrôle des dotations intentait une action visant à priver le Vlaams Belang de sa dotation publique, le Conseil d’Etat aurait à analyser le caractère répétitif des atteintes aux libertés fondamentales, « à travers plusieurs indices concordants » pour reprendre les termes de la loi. Pour ce faire, il serait amené à examiner l’ensemble des déclarations, tracts et programmes du parti et de ses membres depuis le 12 février 1999, date du vote de l’article 15ter. En effet, si cette disposition n’est pas rétroactive, il est néanmoins prévu que l’ensemble des faits commis depuis son adoption pourront être reliés, par une unité d’intention, à la nouvelle infraction invoquée.

Après de nombreuses années de tergiversations, la Belgique s’est enfin dotée d’un instrument permettant au régime démocratique belge de se défendre contre ceux qui utilisent ses principes et ses subsides pour tenter de le détruire. Il serait regrettable que l’outil demeure inemployé.

Le MRAX et KIF KIF appellent donc les députés des formations politiques démocratiques à prendre leurs responsabilités en saisissant le Conseil d’Etat par l’intermédiaire de la commission parlementaire ad hoc. Ils invitent à tout le moins les membres de cette dernière à ajouter les propos de Filip Dewinter au dossier - déjà bien fourni - consacré au Vlaams Block/Belang et à continuer à demeurer extrêmement attentifs aux futures déclarations de la formation politique.

IV. CONTRE LA BANALISATION DE LA HAINE ISLAMOPHOBE ! LE MRAX ET KIF KIF DEMANDENT AU CENTRE POUR L’EGALITE DES CHANCES EN PARTICULIER, ET A L’OPINION PUBLIQUE EN GENERAL, UNE VIGILANCE ACCRUE

« Je ne suis pas raciste, ni xénophobe, je suis islamophobe », assène très calmement Filip Dewinter. Il précise ainsi les contours de sa « peur » - celle de l’Islam - et appelle les citoyens - en ciblant en particulier les juifs - à combattre l’« islamisation » de l’Europe.

Une énième manœuvre conceptuelle de l’extrême droite, destinée à semer le trouble dans une opinion déjà remuée sur les questions d’identité, de place des religions, de peur de l’autre. La ficelle est grosse, mais hélas comme le dit le proverbe, « plus c’est gros, plus ça passe ». Précisément, le fond de la manœuvre est de tenter une distinction entre le « racisme » à l’égard duquel Dewinter réfute toute adhésion, et une « Islamophobie » qui, elle, est assumée, légitimée, justifiée parce qu’il ne s’agirait précisément pas de racisme. Un message net et sans bavure à l’opinion : n’ayez pas peur d’être hostile envers les musulmans, envers l’Islam, car ce n’est pas du racisme. L’Islamophobie ne serait qu’une légitime défense civilisationnelle de l’Occident contre une invasion humaine, culturelle et cultuelle des pays du Maghreb. L’Occident judéo-chrétien, en ce compris donc sa population juive, est par conséquent invité tout naturellement à se mobiliser contre l’Islam et à se déculpabiliser, pour l’occasion.

Est-il légitime, justement, de différencier « racisme » et « islamophobie » ? Le débat est certes complexe, raison pour laquelle Dewinter s’infiltre dans les ambiguïtés qu’il charrie avec intelligence. Le MRAX et KIF KIF répondent en distinguant deux éléments : la critique légitime d’une religion en tant que telle d’une part, et l’exploitation des peurs des individus au détriment des pratiquants de cette religion d’autre part.

En effet, nul ne peut contester, aujourd’hui, le droit de critiquer une religion, en ce compris le « droit de blasphèmer » : dans une société démocratique, il est permis de critiquer une religion, dans tous ses aspects. Soutenir ou défendre le contraire constituerait une grave entorse à la liberté de pensée, de conscience et de religion. L’Islam n’échappe pas à la règle. Il n’y a aucune raison pour que cette religion ne puisse être critiquée dans ses aspects négatifs, comme toute autre conviction religieuse ou philosophique d’ailleurs.

En revanche, se servir d’une religion comme média pour atteindre un groupe de population déterminé à des fins haineuses ou discriminatoires est illégitime et même condamnable. C’est cela, l’islamophobie en réalité : utiliser les préjugés ou la peur, représentés par l’altérité d’une religion, l’Islam, pour attiser la haine, susciter le rejet ou stimuler des réflexes ou pratiques discriminatoires contre les citoyens musulmans. La comparaison permet véritablement d’en prendre la mesure : en effet, d’aucuns, même pas les « ultra laïques », ne se sont jamais qualifiés de « christianophobes », et pour cause, puisqu’ils ont toujours eu pour souci de critiquer la religion chrétienne seulement, et non de discriminer les citoyens chrétiens.

L’opinion publique ne doit donc pas être dupe : l’islamophobie, telle que la prêche et la pratique Filip Dewinter, constitue bel et bien une forme de racisme et d’incitation à la haine raciste. D’ailleurs, même si l’interview ne vise qu’une religion et pas une communauté, il est cependant clair que, dans les faits, la communauté musulmane en Europe et plus précisément en Belgique a, dans son ensemble, une origine étrangère (essentiellement marocaine, mais également turque, pakistanaise, albanaise, etc.), de telle sorte que, sous prétexte de phobie contre une religion déterminée, les populations avec des origines ethniques ou nationales étrangères sont également visées, au travers de leur religion islamique.

Il est à tout le moins étonnant que le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme n’ait pas décodé ces propos comme tels, et ait même donné le sentiment que ceux-ci puissent représenter une opinion qui n’aurait rien de proprement raciste ! Rappelons nous les propos d’une collaboratrice du Centre, qui affirmait au Journal télévisé de la RTBF du 2 novembre 2005 qu’exprimer sa peur ou sa joie à l’égard de l’Islam est une opinion qui n’est pas condamnable en tant que telle. Disons le franchement, cette position du Centre a choqué le MRAX et KIF KIF qui y voient un malheureux signal lancé à la société. Cette banalisation apparente, dont nous préférons penser qu’elle fut accidentelle dans le chef du Centre, doit impérativement être dépassée. Le racisme, la xénophobie ou l’incitation à la haine ne doivent pas être seulement condamnés lorsqu’ils sont clairs et limpides ; ils doivent également être poursuivis lorsqu’ils font l’objet de manœuvres visant à attiser la haine entre communautés sous le prétexte d’une « peur » spontanée liée à une religion.

V. CONTRE LE DEVELOPPEMENT DE LA HAINE RACISTE INTERCOMUNAUTAIRE ! LE MRAX ET KIF KIF PREPARENT UNE LETTRE COSIGNEE AVEC UN JUIF ET UN MUSULMAN ; ET LE MRAX DEMANDE EN PLUS L’INTERVENTION DE MONSIEUR ANDRE AZOULAY, MEMBRE DU CONSEIL DES SAGES DE L’ONU

Condamné en justice pour racisme, le parti d’extrême droite flamand Vlaams Blok devenu Vlaams Belang, est demeuré le même quant au fond, mais le discours évolue. Il ne s’en prend plus frontalement à l’« Arabe » ou au « Noir », mais s’en prend plutôt à l’Islam, et par ricochet aux musulmans, en les opposant énergiquement à d’autres communautés religieuses, en l’occurrence ici la communauté juive. A moins d’un an des prochaines échéances électorales communales, la vigilance s’impose plus que jamais.

1. Le MRAX et KIF KIF sont d’autant plus choqués du procédé, qu’il a été, dans le cas précis, mis en œuvre par le truchement d’une organisation juive américaine. C’est en effet « Jewish week » qui a donné une tribune à ce leader d’extrême droite. L’antiracisme a besoin d’une union entre les populations discriminées ou victimes de racisme elles-mêmes - notamment les musulmans et les juifs - et non d’une prétendue alliance objective entre les bourreaux (l’extrême droite) et les victimes (les juifs, par hypothèse). Il suffit de rappeler l’opposition des élus du Vlaams Belang à l’adoption par le parlement européen d’une résolution rendant hommage aux victimes des nazis et condamnant les idées révisionnistes. Pour exprimer cette mise en garde, le MRAX et KIF KIF entendent adresser un courrier circonstancié aux responsables de « Jewish week » ; à cet effet et pour renforcer la symbolique, ils invitent à la co-signature un concitoyen musulman, Monsieur Abdellah BOUCOUF, Directeur de l’Observatoire de l’Islam en Europe, et un concitoyen juif, Monsieur Philippe MARKIEWICZ, Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (C.C.O.J.B.) (cf., en annexe 2, copie de la lettre co-signée).

2. Par ailleurs, le MRAX demande l’intervention de Monsieur André AZOULAY. Monsieur AZOULAY est juif marocain et vient d’être nommé au « Groupe de haut niveau pour l’Alliance des civilisations », formé par Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général de l’O.N.U. L’« Alliance des civilisations » est une initiative soutenue par les Premiers Ministres de l’Espagne et de la Turquie et lancée par le Secrétaire général de l’ONU en ce mois de septembre 2005 : « les événements de ces dernières années ont aiguisé la suspicion, la peur et le manque de compréhension mutuelle entre les sociétés musulmanes et occidentales - une situation qui a été exploitée par des extrémistes de tous bords. L’« Alliance des civilisations » se veut une coalition contre de telles forces en cherchant à définir un paradigme de respect mutuel entre civilisations et cultures » (cf. le lien suivant : http://www.un.org/News/fr-press/doc...). Le « Groupe de haut niveau pour l’Alliance des civilisations » qui rassemble 18 membres parmi les personnalités les plus prestigieuses de par le monde en matière de relations interculturelles et intercivilisations (l’Archevêque d’Afrique du Sud Desmond Tutu, le Tunisien Mohamed Charfi, la Britannique Karen Armstrong, l’Espagnol Federico Mayor, etc.), devrait tenir sa première réunion à la fin du mois de novembre 2005. Le MRAX demande d’ores et déjà à Monsieur AZOULAY de bien vouloir se saisir de ce dossier, comme une illustration originale de la manière dont l’extrême droite européenne est en train d’évoluer, profitant de l’Islamophobie généralisée de par le monde pour tenter des alliances à des fins électoralistes avec ceux-là même qu’elle a envoyés dans les camps de concentration il y a quelques dizaines d’années à peine. Le MRAX compte sur le soutien de cette haute personnalité pour stimuler la réflexion collective en la matière en général, et intervenir auprès de Jewish Week en particulier.

Personnes de contact :

FRANCOPHONE Radouane BOUHLAL, Président du MRAX 0475/75.14.89. radouane.bouhlal@skynet.be

NEERLANDOPHONE Tarik FRAIHI Voorzitter KIF KIF vzw 0477/74.64.41. tarik@kifkif.be


Dossier de Presse
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