Aujourdhui
encore, un étranger qui réside de manière régulière
en Belgique commettant un délit peut se voir expulsé après
avoir purgé sa peine de prison. Voilà ce que lon
nomme pudiquement la double peine !
Madame,
Mon mari s'appelle Abdelkader, il est né le 3 août 1969
à Bruxelles. Il est l'ainé de sa famille et ses soeurs
et son frère sont tous de nationalité belge, ses parents
sont propriétaires d'une maison à Molenbeek. A l'âge
de 17 ans, il a commis un délit. Au lieu de le placer dans un
centre de redressement ou de lui donner des travaux d'intérêt
public à faire, on l'a emprisonné durant 6 ans.
Durant ces six années de détention il
a eu une conduite exemplaire et a réussi avec succès des
études en soudure (je pourrai vous envoyer les diplômes
si nécessaire) durant cette détention il a appris qu'après
sa sortie il serait condamné encore une fois, cette fois-ci à
quitter le territoire. Sa famille n'a rien compris à ce qui se
passait. Il est effectivement allé au Maroc pour la deuxième
fois de sa vie d'ailleurs, mais cette fois-ci il était contraint
d'y vivre.
Au bout d'un mois et à bout de forces morales
et physiques, il est revenu clandestinement en Belgique. C'est à
ce moment là que je l'ai rencontré. Je suis belge et informaticienne.
Au début, je ne pouvais pas le croire lorsqu'il me disait qu'il
était clandestin. Il a grandi ici et connait le pays aussi bien
que moi. Il a essayé de trouver un emploi pour pouvoir subvenir
un minimum a ses besoins mais très vite il s'est rendu compte
que l'on profitait de son statut de sans-papiers. Il travaillait dur
mais souvent n'était pas payé. Quand il recevait de l'argent,
ce n'était même pas assez pour acheter sa nourriture et
ses cigarettes. Je l'encourageais à ne pas perdre courage mais
c'est lui qui vivait les difficultés. Moi, j'ai eu la chance
de faire des études et d'avoir un bon travail. Nous avions décidé
de nous marier dès que possible. Il n'a pas tenu longtemps, quelques
mois après son retour en Belgique il a malheureusement été
arrêté pour détention de stupéfiants et a
purgé une peine d'emprisonnement de 3 ans et demi.
Nous nous sommes mariés
le 21 septembre 1998 à la prison de Bruges malheureusement et
il a été libéré au mois de décembre
de la même année avec l'obligation, toujours, de quitter
le territoire. J'avais à l'époque rencontré une
personne de l'Office des Etrangers. Il a pu rester 10 jours en plus
sur le territoire belge pour rester un peu avec moi et sa famille. Cette
personne de l'Office des Etrangers m'avait promis qu'il pourrait au
bout d'un an de retour au Maroc introduire une demande pour un visa
qu'il recevrait pour revenir ici. Cela fait maintenant trois ans que
nous vivons séparés : lui vit au Maroc. Moi, je vis et
je travaille ici et des que j'ai des congés, je vais rejoindre
mon mari au Maroc. C'est de plus en plus dur de me séparer de
lui alors que je sais qu'il n'a personne pour le soutenir et que moi,
j'ai ma famille et la sienne aussi.
La demande de regroupement familial
de mon mari date du 26 septembre 2000. D'après mon avocat, la
demande a été acceptée par l'Office des Etrangers
puis refusée par le Cabinet du Ministre. Mon avocat a donc introduit
un recours au Conseil d'Etat cela fait 11 mois maintenant et nous avons
toujours eu aucune nouvelle. Aujourd'hui, c'est votre aide que j'implore,
toutes ces procédures sont très longues et très
chères et apparemment n'aboutissent pas. Nous avons suivi les
procédures à la lettre pour rester dans la loi.
Le demande de visa de mon mari
était complète mais a été envoyée
en vain quand je vois que cela n'a rien changé à nos vies.
Une personne du Conseil d'Etat écrivit à mon avocat que
la situation n'avait rien d'urgent, certainement que d'autre urgence
existe, et bien évidemment qu'il ne fallait pas traiter cette
demande dans les 48 heures, mais pourquoi ne pas donner de suite à
cela dans un délai raisonnable. Il s'agit d'une vie humaine.
Mon mari a commis son premier délit à 17 ans et demi et
maintenant il a 33 ans et il n'a connu que les problèmes et la
prison. Depuis 3 ans de séparation de notre couple, il a beaucoup
réfléchi et pense beaucoup à construire notre vie
commune qui ne peut pas durer comme cela. Nous voulons depuis toujours
avoir des enfants. Mais comment faire dans une telle situation.
Nous avons répondu à
toutes les exigences de ce pays : mon mari a quitté volontairement
le territoire, nous avons accepté de ne pas vivre ensemble tout
de suite après notre mariage car il n'avait pas le droit de rester
ici. Nous croyons, comme on nous l'avait assuré que nous devions
accepter les règles pour que notre situation puisse se régler.
Et cela uniquement par voie administrative. Tout ceci s'est avéré
faux !
Que devons-nous faire de plus
? personne ne répond à nos demandes d'aide ? n'avons-nous
pas nous aussi le droit de vivre ensemble et de nous aimer ? Je suis
à l'aube de mes 29 ans, mes amies, mes soeurs et mes frères
ont des enfants, vivent avec leurs conjoints, on acheté un appartement
ou une maison, moi je n'ose même plus en rêver
Tout
mon argent part chez les avocats et les voyages au Maroc, pays qui ne
m'intéresse même pas même si je suis d'origine marocaine.
J'espère que vous répondrez à
notre détresse. Vous êtes notre dernier espoir.
XXXXX XXXXXXXX
Monsieur, Madame,
J'écris au nom de mon mari qui est incarcéré
à la Prison de Saint-Gilles, avenue Ducpétiaux 106 à
Saint-Gilles.
Nous sommes mariés depuis avril 1993 et nous avons une magnifique
petite fille de 6 ans du nom de L. et qui est née le 22 juin
1995.
Mon mari est en prison depuis avril 1997 et l'Office des Etrangers lui
a envoyé 2 renvois d'expulsion. Un avant notre mariage qui est
terminé depuis peu et un deuxième après notre mariage
ce qui n'est logiquement pas légal vu que je suis Belge et qu'il
a aussi droit à rester ici avec sa femme et sa fille.
Nous avons eu des avocats et fait tous les recours
nécessaires (du moins c'est ce que l'on nous a dit). Je n'ai
que mon chômage pour vivre donc pas les moyens d'avoir un avocat
connu et cher capable de nous ouvrir au moins une porte. Je suis au
bord du désespoir car j'aime mon mari plus que tout et ma fille
adore son père, qu'elle ne voit pas assez déjà.
Pourriez-vous nous aider : lui envoyer quelqu'un qui puisse répondre
à ses multiples questions qui restent sans réponse ? ou
lui écrire pour qu'il connaisse ses droits ?
Je suis Belge comme je vous le disais et j'ai honte de ce qui se passe
à vouloir séparer des familles.
Je vous en supplie, faites quelque chose. Nous avons tout essayé
et malgré tout j'ai la foi et je garde l'espoir qu'un jour, quelqu'un
nous aidera à de nouveau vivre ensemble.
En vous remerciant d'avance et dans l'attente d'une
réponse favorable pour mon mari et moi-même ainsi que pour
notre fille, nous vous prions d'agréer nos salutations.
M.L.
Madame,
J'ai besoin d'aide, je vais essayer de mettre par écrit
mon problème.
Voilà, je suis grec d'origine, né à
Bruxelles le 8 mai 1966.
En 1989, j'ai été condamné pour
une attaque d'un magasin, et j'ai fait plus de 7 ans d'emprisonnement
après quoi j'ai reçu 10 années d'expulsion royale
sans délai à partir du 7 juin 1996. A l'époque,
j'ai eu mon grand-père pour m'accueillir en Grèce mais
il est décédé quelques mois plus tard. Je n'ai
plus personne en Grèce car le reste de ma famille se trouve en
Belgique ainsi que la femme que j'aime.
Vous savez après des années de prison
c'est difficile de s'en sortir, c'est pour ça que je suis revenu
en Belgique pour être entouré de ma famille. Dès
que je suis arrivé ici, on m'a arrêté par dénonciation
téléphonique donc on m'a remis en prison le 20 août
1997 et relaché le 7 janvier 1998 pour séjour illégal
en Belgique.
Avec mon amie on a déménagé à
la frontière française car j'ai peur qu'on m'envoie encore
une fois en Grèce. je voudrais pouvoir rester ici, avoir la chance
de fonder ma petite famille, pouvoir aller travailler honnêtement.
Je sais que pour cela j'aurais besoin d'un avocat mais
j'ai pas beaucoup les moyens. Je travaille en noir seulement. Je n'ai
pas le choix.
Madame, je vous écrit avec désespoir, je ne sais que vous
dire de plus. Aidez-moi s'il vous plaît car je ne veux plus faire
de conneries.
Madame, je vous remercie d'avance.
XXXXXXX XXXXXXX
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Par la présente, j'aimerais attirer votre attention
sur le cas de mon époux, Ahmed. En effet, bien qu'étant
né en Belgique et y ayant toute sa famille, il fait l'objet d'une
expulsion depuis le mois d'août 1994 et nous avons des difficultés
à accepter cela.
Nous nous sommes rencontrés en 1989. En juillet
1990, mon époux se trouve incarcéré pour des faits
qui se sont produits avant notre rencontre et alors qu'il était
adolescent.
Après quatre années d'emprisonnement, durant lesquelles
je l'ai visité chaque semaine, il est expulsé vers le
Maroc où il n'a plus de familles et ne parle qu'approximativement
la langue, n'y a ni maison, ni moyens de subsistance.
S'il a accepté de quitter le teritoire c'est
qu'après 4 années d'emprisonnement, retouver la liberté
paraissait merveilleux pour lui et pour moi et ce, peu importait dans
quelles conditions. Ce n'est qu'une fois arrivé au Maroc qu'il
a réalisé à quel point c'était une erreur
et à quel point la vie est différente là-bas. Je
dois ajouter que mon époux avait eu un entretien téléphonique
avec une des personnes responsables de son dossier à l'office
des Etrangers et on lui a laissé entendre au bureau D que même
s'il refusait de quitter le territoire, il serait mis de force dans
l'avion. J'ai eu peur en entendant cela et je l'ai supplié de
partir de plein gré en lui promettant que très bientôt,
je le rejoindrais.
Au fond de moi, j'avais mal pour lui qui avait non
seulement terminé toute sa peine mais qui en plus avait été
gardé en prison car il ne voulait pas partir pour le Maroc. Il
a fait bien plus que sa peine et cela tout simplement car il refusait
de quitter sa famille. Dès que l'Office des Etrangers a commencé
ses démarches, le Consulat marocain a directement donné
un Laissez-passer pour faciliter l'expulsion d'Ahmed au lieu de l'aider
à rester auprès de sa famille en Belgique. Nous n'avons
jamais été contactés par les autorités marocaines
pour demander notre accord, ni lui d'ailleurs. Pourtant ils savent bien
que Ahmed est né en Belgique et que toutes ses soeurs sont belges
et leurs enfants aussi.
Trois semaines après son arrivée au Maroc,
nous nous sommes mariés afin de nous permettre de vivre ensemble
sans problème au Maroc. Nous avions déjà entamé
des démarches en Belgique pour pouvoir le faire mais ces démarches
n'ont qu'accéléré son expulsion. Pourtant, ce n'était
pas une décision hâtive, nous étions ensemble depuis
cinq ans, nous nous sommes énormément écrit, parlé
même durant sa détention. Non, c'était plutôt
une promesse de rester ensemble quoi qu'il arrive. Nous ne pouvions
imaginer que la vie nous jouerait d'aussi mauvais tours. Nous ne pouvions
imaginer qu'il y avait dans ce pays des gens aussi racistes et aussi
insensibles à la souffrance d'un couple qui s'aime. On ne peut
pas cromprendre un acharnement aussi long sur une personne qui a payé
son faux-pas..
Toutes ces démarches administratives faites
ici et au Maroc sont venues à bout de toutes mes économies,
je n'avais même plus les moyens de rendre visite à mon
époux au Maroc, je me trouve dans une situation financière
plus que précaire et heureusement que ma belle-famille s'occupe
d'Ahmed mais aussi de moi. Je ne peux plus envisager de m'installer
là-bas. Mon époux n'y a pas de revenus financiers pour
subvenir à nos besoins. Mon époux ne parle pas l'arabe
et surtout, il ne l'écrit pas. Etant donné qu'il n'a aucune
formation manuelle, personne ne lui donne de travail. Pourtant, il s'exprime
correctement en français et se débrouille bien en néerlandais.
Il bredouille aussi quelques mots en anglais. Le problème c'est
que là-bas, il n'existe aucune structure pour venir en aide financièrement
ou médicalement aux gens sans ressources. Mon mari a vu dans
la rue des jeunes hommes expulsés de Belgique qui mangeaient
dans les poubelles ou qui mendiaient dans les mosquées lorsqu'on
ne les chassait pas et à dormir dans des cartons sur le trottoir.
IL n'a pas non plus de logement fixe, il vit dans une tente depuis ces
trois derniers mois. Je paie ici des impôts pour des exercices
d'années précédentes et il me faut assurer les
frais d'avocat et de justice que demandent les démarches entamées.
Tous ces frais rendent évidemment un départ impossible.
D'ailleurs j'ai essayé de vivre au Maroc mais j'ai eu beaucoup
de difficultés à m'habituer. J'étais souvent malade,
je souffrais terriblement de la chaleur, du nouveau régime alimentaire
et du manque d'hygiène. D'autre part, je suis Belge et je ne
parle pas l'arabe non plus. Toute ma famille vit en Belgique et je ne
veux pas non plus en être séparée. Aussi, je ne
suis pas habituée au xcoutumes et façons de vivre de ce
pays. Je n'y ai pas de connaissances ni d'amis et enfin, j'attends un
deuxième enfant dont l'arrivée est prévue pour
le 5 janvier prochain, je suis donc suivie par mon médecin de
famille en Belgique.
Ici ma belle-mère est propriétaire d'une maison où
nous occupons un appartement. J'y vis actuellement et étant donné
que je ne paie qu'un loyer modéré, j'y assume tous les
travaux de rénovation moi-même. Vu lemanque d emoyens,
pour rendre ce logement vivable, c'est moi qui plâtre, enduis,
peins et essaie de faire tout ce que je peux mais il est évident
que si mon époux était à mes côtés
ce serait bien plus siple car enceinte de six mois et avec un enfant
en bas-âge je suis à bout de force. Ma belle-mère
n'est pas toujours présente dans la maisonn vu qu'elle travaille
comme femme de ménage.
En revenant en belgique, mon mari aurait une situation
puisqu'un employeur qui est son ami d'enfance est toujours prêt
à l'engager à temps plein. Moi-même j epourrais
faire un retour dans la vie active. Actuellement, même si je retournais
travailler, je ne pourrais pas assurer les frais de crêche. Avant
l'expulsion d'Ahmed, j'avais toujours travaillé, notamment comme
secrétaire à la Commission Européenne durant quatre
ans.
Si je vous écris, aujourd'hui c'est que nous
avons fait une demande de révision de dossier de mon mari et
si vous trouviez que cette situation envaut la peine, vous pourriez
appuyer ma demande auprès de ce Ministère.
Je termine ici ma lettre qui est comme vous aurez pu
vous en rendre compte un réel appel au secours et mon unique
espoir est d'avoir touché votre coeur.
Valérie
La famille d'Hassan réside en Belgique depuis
le début des années soixante. Il est né sur le
territoire et ne l'avait jamais quitté avant de tomber sous une
mesure d'éloignement, il y a plus de quinze ans. Depuis juin
dernier, il est à nouveau incarcéré pour séjour
illégal.
L'ensemble de la famille est définitivement
installé en Belgique. Ses quatre soeurs et ses cinq frères
ont acquis la nationalité belge. Les parents sont aujourd'hui
à la retraite, après avoir travaillé toute leur
vie en Belgique.
A l'âge de dix-huit ans, Hassan a été
condamné à quatre ans de prison fermes, pour vol. Cette
très lourde première condamnation sanctionne un fait relativement
mineur : il s'agissait en fait d'une querelle d'argent - violente -
avec sa copine de l'époque, à la suite de laquelle elle
porte plainte contre lui. Quatre ans de prison fermes à dix-huit
ans, alors que la plaignante s'était retractée par la
suite et que le montant du vol était de 5000 FB.
Outre que cette mésaventure lui fera connaître
un milieu carcéral criminogène, il a été
frappé d'une mesure d'expulsion une fois sa peine accomplie.
Nul ne cautionne la comission d'un délit,
et sûrement pas la famille d'Hassan mais, en l'espèce,
Hassan paie son erreur d'un déracinement total, sans espoir de
rémission. L'expulsion - il faut en fait parler ici de bannissement
- lui gâche toute possibilité de réinsertion, tout
espoir de se construire un avenir dans le pays où il est né
et a grandi.
Hassan ne donna pas suite à la mesure. Il
ne connaît ni l'arabe, ni le dialecte de la région natale
de ses parents. Il a décidé de vivre caché dans
son propre pays, le seul qu'il connaisse, là où vivent
les membres de sa famille.
Cette décision a entrainé un certain
nombre de détention adminsitratives à son encontre. Exposé
au moindre contrôle de police, il a, depuis quinze années,
multiplié les séjours en prison pour défaut de
titre de séjour. Démuni de moyens d'existence autonomes,
désespéré par son exil intérieur forcé,
il n'a pas pu échapper à la toxicomanie et à la
dépression.
Depuis juin dernier, l'Office des Etrangers tente
d'obtenir en vain jusqu'à ce jour, un laissez passer des autorités
marocaines. Celles-ci ne peuvent le délivrer étant donné
qu'Hassan n'a jamais été enregistré comme ressortissant
marocain auprès du Consulat dont il a la nationalité.
Hassan est ainsi condamné à
errer dans son propre pays sans disposer de droits élementaires
comme se soigner, travailler, fonder une famille, circuler sereinement
et librement. Il aura passé près de la moitié de
sa vie en prison ou dans la clandestinité.
Maison des Parlementaires
A l'aimable attention de Monsieur le Sénateur Jean Cornil
Bruxelles le 26 juin 2001
Monsieur le Sénateur ,
Si je me permets de vous écrire
c'est parce que je n'ai personne à qui m'adresser.
Voici notre histoire :
Mon père a fait de vraiment grosses bêtises
et il est en prison.
Il avait été expulsé il y a plus de 12 ans pour
une histoire de meurtre et il n'a donc plus de papiers.
Ma mère ne pouvait le voir que quand elle avait les moyens de
partir en vacances au Maroc.
Nous sommes né et pour pouvoir notre père nous devions
faire le voyage jusqu'au Maroc, ce qui n'est vraiment pas donné
!
Alors cette situation n'était plus vivable : il ne pouvait pas
vivre sans nous et nous aussi, on ne pouvait vivre sans notre père.
Comme il est marié et il a des enfants, il a décidé
de revenir clandestinement vers la Belgique.
Sachant qu'il n'avait pas le droit de travailler et en désespoir
de cause, il a vendu de la drogue (du haschish) uniquement pour nous
faire vivre, pour nous nourrir, pour nous donner les moyens de faire
des études et pour nous habiller correctement.
Ce n'était vraiment pas dans le but de vivre
luxueusement.
Nous savons bien qu'il a mal agit, qu'il aurait dû
réfléchir, mais lorsque vous êtes désespéré,
vous ne pensz qu'au bien-être de votre famille.
Il s'est fait arrêter et il a déjà purgé
sa peine.
Seulement, à l'époque, on l'avait expulsé
pour ne pas terminer sa première peine de prison. Alors maintenant
il doit encore rester en prison pour la terminer
Comme il a déjà effectué sa peine
pour possession de drogue, nous pensions qu'il aurait au moins le droit
de sortir le week-end pour nous voir car d'autres détenus ont
eu ce droit. (je peux même vous donner les noms).
Malheureusement on nous a retiré l'espoir de
pouvoir profiter de sa présence.
En prison, une dame lui répète sans cesse
qu'il ne sortira pas, même le week-end, et qu'il sera expulsé
au Maroc dès la fin de sa peine. Ce qui démoralise encore
plus mon père c'est que d'autres personnes étaient dans
le même cas (sans papiers) et que lorsqu'ils ont terminé
leur peine, ils ont eu leurs papiers afin de rester en Belgique avec
leur famille.
Vous savez, ce n'est pas facile de vivre sans père.
Je sais qu'il a fait beaucoup de bêtises et il
risque même d'être expulsé pour ça. Mais dans
ce cas, est-ce qu'on pense à moi, à ma mère, à
mon frère et mes deux soeurs.
Je sais, il aurait dû réfléchir
avant de faire ces bêtises mais lorsque vous êtes papa et
sans papiers, vous ne pensez pas aux conséquences, vous pensez
d'abord à vos enfants et à votre femme.
Cette situation est impossible pour nous tous: mon
frère et mes soeurs n'ont plus le courage de faire quoi que ce
soit, ils n'étudient plus et moi-même je craque.
Ma mère est à bout de nerfs, en dépression.
A cause de cela nous avons tous dû aller chez
un psychiatre. Vous savez combien coûte une visite.
En plus, mon père purge sa peine à Bruges
et nous habitons à Bruxelles. Les autorités ont refusé
de le transférer vers une prison à Bruxelles.
Si seulement on lui disait qu'il pourra rester en Belgique
après avoir fait toute sa peine, nous serions déjà
immensément heureux.
Mon père est très malade. Il a une fissure
au niveau du crâne. A mon avis, à son âge et vu son
état de santé, je ne pense pas qu'il va recommencer à
faire des bêtises.
Nous aimerions profiter de sa présence avant
qu'il lui arrive malheur.
Ceci est un cri de demande d'aide d'enfants en détresse
et ne désirant que leur père. Nous demandons un peu d'indulgence
envers lui et surtout de ne pas nous pénaliser. On ne peut pas
moralement nous priver de notre père. Nous voulons notre papa.
Si je m'adresse personnellement à vous, c'est
que je ne sais plus quoi faire.
Est-il possible de prendre rendez-vous avec vous afin
d'en discuter plus amplement?
Je suis à votre disposition 24H/24 et à
tout moment.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie
d'agréer, Monsieur le Sénateur, mes salutations les plus
respectueuses,
XXXXXXX XXXXXXXX
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