Aujourdhui
encore, un étranger qui réside de manière régulière
en Belgique commettant un délit peut se voir expulsé après
avoir purgé sa peine de prison. Voilà ce que lon
nomme pudiquement la double peine !
Une campagne de
sensibilisation et d'action...
Si différentes initiatives parlementaires tentent aujourdhui
de sortir de lombre ces centaines de victimes et empêcher
à lavenir toute nouvelle expulsion arbitraire, la Ligue
des droits de lHomme, le MRAX, le Collectif contre le bannissement
et le Groupe socialiste daction et de réflexion sur laudiovisuel
(GSARA) souhaitent lancer une campagne de sensibilisation et daction
autour de ce thème méconnu et aux conséquences
dramatiques pour de nombreuses familles belges et étrangères.
En sappuyant sur le dernier documentaire de
Bertrand Tavernier, lexcellent Histoires de vies brisées
(Les "double peine" de Lyon), elles veulent ouvrir le débat
et la réflexion au sein du monde associatif mais aussi avec le
plus large public possible, transmettre les résultats de ces
nombreuses rencontres aux décideurs politiques. Afin dengager
plus avant la réforme dun code pénal particulièrement
inique. Révélateur dun certain regard sur lAutre.
Ces personnes expulsées sont conjoint(e)s de
Belges, parents d'enfants belges, résident en Belgique depuis
longtemps, souvent depuis leur enfance.
Elles ne connaissent habituellement pas le pays dont elles ont la nationalité.
Pourquoi vouloir encore ajouter une nouvelle peine
à la première ?
Contre
une mesure inhumaine, inégale, illégale...
La double peine viole le
principe de droit selon lequel nul ne peut être puni deux
fois pour le même délit.
La double peine est discriminatoire. Dans une
même affaire, deux personnes coupables du même délit
ne subissent pas la même sanction; l'un est libéré
à la fin de sa peine parce qu'il est belge, l'autre est expulsé.
La double peine sanctionne la nationalité.
La double peine est inhumaine. Elle sépare
des époux de leur femme, des pères de leurs enfants, souvent
belge. Il en résulte des vies brisées, des familles éclatées,
et l'atteinte au principe du respect de la vie privée et familiale
garanti par la Convention européenne de sauvegarde des droits
de l'homme.
La double peine est injuste parce si elle punit
la personne expulsée, elle condamne aussi des enfants à
vivre sans leur père, des femmes sans leur conjoint.
La double peine est inefficace. Les personnes
expulsées, dont les attaches sont en Belgique, reviennent dans
leur pays: celui qui les a vu grandir et où vivent leur famille
et leurs amis.
La double peine est criminogène. En
condamnant des gens à survivre dans la clandestinité,
elle les condamne, au mieux, aux circuits de travail en noir, au pire,
aux réseaux criminels, maffieux ou terroristes.
Une initiative collective...
"Bannissons la double
peine!": une campagne de La Ligue des droits de lHomme, du
MRAX, du Collectif contre le bannissement et du GSARA.
Avec le soutien de Rudy Demotte, Ministre
de la Culture de la Communauté française de Belgique.
Avec le soutien du journal LE SOIR, et du
JOURNAL DU MARDI.
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